SAF : Carburant durable pour l’aviation - L’agnosticisme comme garantie (English version - EN)

Note technique et stratégique — Éric Jacob, ingénieur (Maths-Sup, DEA)


Le problème : des filières SAF fragiles et captées par les lobbies

Le règlement européen ReFuelEU Aviation impose une incorporation croissante de carburant durable : 2% en 2025, 6% en 2030, 32% en 2040, 63% en 2050. Ces objectifs sont contraignants et les compagnies aériennes n’ont pas le choix.

Pourtant, les grandes filières SAF actuellement financées et contractualisées reposent sur des cultures alimentaires :

Ces choix posent des problèmes structurels graves que les contrats signés semblent délibérément ignorer.


Pourquoi ces filières sont condamnées à moyen terme

1. La vulnérabilité climatique

Les cultures alimentaires sont directement exposées aux aléas climatiques qui s’aggravent chaque année :

Un SAF garanti à 6% de la consommation mondiale d’aviation en 2030 ne peut pas reposer sur des cultures dont les rendements varient de 30 à 50% selon la météo de l’année. Ce n’est pas une garantie — c’est un pari.

2. La concurrence alimentaire

Utiliser des terres agricoles pour produire du carburant d’aviation plutôt que de la nourriture est un choix politique qui n’est pas neutre dans un contexte de tensions alimentaires mondiales croissantes. La FAO alerte régulièrement sur ce risque. Les biocarburants de première génération ont déjà provoqué des hausses de prix alimentaires documentées.

3. Le soupçon de lobbying

Le projet Rebound (Technip Energies, Airbus, Safran, Tereos) repose sur la voie Alcohol-to-Jet à partir de betterave sucrière. Tereos est le premier sucrier européen. La présence d’un acteur aussi puissant dans ce consortium, sur une filière qui valorise directement sa production principale, pose des questions légitimes sur les critères ayant présidé au choix technologique.

Un critère d’agnosticisme obligatoire dans les appels d’offres publics SAF — excluant toute filière dépendant d’une seule culture alimentaire — permettrait d’orienter les financements publics vers des solutions réellement durables et non captables par des intérêts sectoriels.


La solution : l’agnosticisme total de la filière Haffner SAFNOCA®

La technologie SAFNOCA® d’Haffner Energy produit du SAF par thermolyse de biomasse résiduelle suivie d’une synthèse Fischer-Tropsch. Sa caractéristique fondamentale : elle fonctionne sur plus de 140 types de biomasse différents, testés et validés.

Les sources agnostiques toutes saisons

Résidus agricoles (disponibles toute l’année)

Résidus forestiers (disponibles toute l’année)

Déchets urbains et industriels (flux continu)

Biomasses aquatiques (ressource croissante)

Biomasses à croissance rapide (non alimentaires)


Pourquoi l’agnosticisme garantit la permanence du SAF

Critère Filière betterave/céréales Filière Haffner SAFNOCA®
Dépendance météo Forte (sécheresse, gel) Nulle (substitution entre intrants)
Concurrence alimentaire Directe Inexistante (résidus uniquement)
Disponibilité annuelle Saisonnière Continue (flux permanents)
Bilan carbone Positif à neutre Négatif (biochar)
Prix de production SAF 1,5-3 €/kg selon cours 0,69-1,18 €/kg (biochar inclus)
Résistance aux crises Faible Élevée (diversification intrants)

Si une source de biomasse vient à manquer (mauvaise récolte, perturbation logistique), le module Haffner bascule sur une autre sans modification technique. Aucune filière SAF au monde n’offre cette garantie de continuité.


Le bilan économique : déjà compétitif sans subvention

Le coût de production du SAF Haffner se situe entre 1,08 et 1,18 €/kg avec le seul module H6 disponible aujourd’hui — déjà à parité avec le kérosène fossile (1,18-1,38 €/kg). En intégrant les crédits carbone du biochar coproduit (275-420 €/tonne selon le taux de séquestration), le coût net descend à 0,69-0,92 €/kg — soit 30 à 50% sous le prix du kérosène fossile.

Aucune subvention n’est nécessaire pour rendre cette filière compétitive. C’est l’inverse de la filière électrolyse (e-SAF à 2,50-4,00 €/kg) dont le coût dépend directement du prix de l’électricité verte.


Ce que l’État et l’UE doivent imposer

1. Critère d’agnosticisme obligatoire dans les appels d’offres SAF publics : toute filière dépendant à plus de 50% d’une seule culture alimentaire est exclue des financements publics et des garanties d’État.

2. Bonus carbone : les filières SAF produisant du biochar comme coproduit de séquestration reçoivent un bonus dans le calcul de l’intensité carbone réglementaire (Directive EnR, annexe V).

3. Priorité aux biomasses nuisances : les appels d’offres SAF publics doivent favoriser les filières valorisant des biomasses considérées comme des nuisances environnementales (algues envahissantes, sargasses, algues toxiques) — doublement vertueux.

4. Traçabilité des intrants : toute filière SAF bénéficiant de financement public doit publier trimestriellement la composition de ses intrants biomasse — pour prévenir le greenwashing et les substitutions alimentaires cachées.


Conclusion : le SAF agnostique est le seul SAF garanti

Les obligations ReFuelEU sont contraignantes et irrévocables. Les compagnies aériennes doivent s’approvisionner en SAF, qu’il pleuve ou qu’il fasse sec, que la betterave ait gelé ou pas, que le cours du sucre soit haut ou bas.

La seule filière qui peut garantir contractuellement cette continuité d’approvisionnement en toutes circonstances est celle qui ne dépend d’aucune culture en particulier.

Haffner SAFNOCA® est cette filière. Elle est française, brevetée, déjà compétitive, et capable de valoriser les déchets que personne ne veut — des sargasses des Antilles aux algues toxiques de Bretagne.


Manifeste complet : https://ejsnews.github.io/manifeste-souverainete-technologique/


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Linkedin: Eric Jacob

Basic private research @ | Multiple Degrees in Physical Measurements | Energy transition advisor