SOUVERAINETÉ ÉNERGÉTIQUE & RÉSILIENCE INDUSTRIELLE
Note stratégique indépendante — Juin 2026
Le constat : une impasse que personne ne dit à voix haute
La France importe chaque année pour plus de 60 milliards d’euros d’énergie fossile. Elle subventionne massivement l’électrolyse et l’hydrogène blanc — deux filières qui consomment de l’électricité sans en produire, saturent un réseau déjà sous tension, et n’offrent aucun puits de carbone. Pendant ce temps, une PME française, Haffner Energy, a développé et breveté une technologie de rupture : la thermolyse décentralisée de biomasse résiduelle, produisant simultanément de l’énergie locale compétitive, de l’hydrogène vert, du carburant durable pour l’aviation (SAF), et du biochar — un puits de carbone solide et mesurable.
Cette technologie existe. Les modules sont disponibles. Les brevets sont français. Les chiffres sont publics.
Ce que cela change concrètement
La thermolyse de biomasse résiduelle (déchets agricoles, résidus forestiers, bois de classe B) permet à une commune, un hôpital, une coopérative agricole ou un opérateur de data center de produire sa propre énergie décarbonée, sans fondation, sans permis de construire, en moins d’un mois d’installation.
- Le coût de production de l’hydrogène atteint moins de 2 €/kg, déjà compétitif face au fossile sans subvention.
- Le SAF produit se situe à parité avec le kérosène fossile dès aujourd’hui, avec une trajectoire de baisse continue.
- Le biochar coproduit séquestre durablement le carbone biogénique dans les sols agricoles, générant des crédits carbone valorisables (110–140 €/tonne de CO₂).
Chaque déploiement réduit la facture énergétique locale, crée des emplois non délocalisables, valorise des ressources considérées aujourd’hui comme des charges à éliminer — et réduit mécaniquement le déficit commercial français.
Ce que l’État doit faire — et ne fait pas
Trois mesures simples permettraient d’inverser la tendance :
1. Un bouclier anti-dilution : fonds de souveraineté ciblé sur les PME technologiques cotées stratégiques, interdisant les mécanismes de financement toxiques (OCEANE/BSA à effet dilutif massif).
2. Un fast-track réglementaire : réduire à moins de trois mois les instructions ICPE pour l’autorisation de ces modules mobiles décentralisés auprès des infrastructures critiques.
3. Une dynamique territoriale : permettre aux collectivités, hôpitaux et coopératives de contractualiser directement avec ces opérateurs sans passer par les monopoles de réseau centralisés.
La prédation silencieuse : brevets ignorés, fondateurs dilués
Déposer des brevets dans le monde entier ne suffit pas à protéger une technologie lorsque l’entreprise qui les détient est financièrement à genoux. Haffner Energy a investi une décennie à breveter sa technologie de thermolyse dans de nombreux pays. Ces brevets sont publics, consultables, précis. Pourtant des acteurs étrangers — et potentiellement domestiques — s’en servent comme d’une feuille de route pour reproduire un procédé identique, en changeant simplement le nom du partenaire d’ingénierie. Sans les moyens juridiques et financiers de se défendre devant des juridictions internationales, un brevet n’est qu’un document.
Ce n’est pas une hypothèse : c’est la réalité actuelle d’une PME dont les fondateurs détenaient collectivement plus de 50 % du capital il y a six mois. Ils en détiennent aujourd’hui 11 %. Non pas parce qu’ils ont vendu, mais parce que la société avait besoin de 4 millions d’euros — une somme dérisoire à l’échelle des enjeux industriels en jeu — qu’elle n’a pas pu emprunter dans des conditions normales. Le seul financement accessible était un mécanisme ABO (Autorisation de Bons de souscription d’actions au profit d’Obligations, mécanisme structurellement dilutif sur le capital des fondateurs), qui a mécaniquement transféré le contrôle de l’entreprise hors des mains de ses créateurs en quelques semaines.
Ce n’est pas un cas isolé. C’est le mode opératoire standard de la prédation financière sur les PME cotées de rupture technologique : assécher la trésorerie, bloquer l’accès au crédit bancaire classique, puis proposer un financement dilutif comme seule bouée de sauvetage. Les fondateurs sont évincés de facto, la technologie reste dans la société mais sans ses architectes, et la porte s’ouvre à une acquisition ou à une copie non contestée.
La France ne peut pas se permettre de perdre ainsi, par inertie administrative et absence de bouclier financier souverain, les quelques entreprises qui détiennent des technologies de rupture mondiales et brevetées. Le coût d’un fonds de protection ciblé sur ces dix ou vingt sociétés stratégiques serait infinitésimal comparé au coût d’une décennie d’importations énergétiques supplémentaires ou d’un rachat de brevets français par des capitaux étrangers.
La fenêtre est étroite
L’explosion de la demande énergétique liée à l’IA et à la robotique va créer dans les cinq prochaines années un appel d’air sans précédent. Si la France ne déploie pas maintenant ses propres solutions décarbonées, ce sont des capitaux américains ou asiatiques qui le feront — avec nos brevets, rachetés au prix de la détresse boursière.
Il n’existe pas d’autre scénario vertueux :
- Le nucléaire seul génère de la chaleur anthropique sans puits de carbone actif.
- L’électrolyse est consommatrice nette d’énergie sur un réseau déjà saturé.
- Les importations entretiennent la dépendance et creusent le déficit.
La solution française existe, elle est mature, elle est brevetée, elle est rentable sans subvention. Il reste à décider de la déployer.
Note rédigée par un actionnaire indépendant de Haffner Energy, ingénieur de formation (Maths-Sup/Spé, DEA de physique), sans mandat politique ni intérêt commercial direct dans ce déploiement.
Manifeste complet : https://ejsnews.github.io/manifeste-souverainete-technologique/
Linkedin: Eric Jacob
Basic private research @ | Multiple Degrees in Physical Measurements | Energy transition advisor